Interview de Benjamin Godreuil, Responsable du Programme Usine du Futur chez SNCF

Interview de Benjamin Godreuil, Responsable du Programme Usine du Futur chez SNCF

L'Usine du Futur : SNCF s’est lancée dans un vaste programme de transformation digitale au service de ses clients et de sa performance industrielle.

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Benjamin GODREUIL Responsable du programme Usine du futur chez SNCF
Benjamin GODREUIL Responsable du programme Usine du futur chez SNCF

Société : SNCF
Nom : Benjamin Godreuil
Fonction :
Responsable du Programme Usine du futur

 

Le 6 juin prochain se tiendra à Paris l’IoT Business Forum. Cette journée est l’occasion unique de réunir les décideurs de l’Industrie 4.0. Benjamin Godreuil, Responsable du programme Usine du futur chez SNCF, participera à la table ronde sur le thème « Industrie 4.0, quand la numérisation et la connectivité améliorent l’efficacité opérationnelle ». Web des Objets a rencontré Benjamin Godreuil pour échanger sur le développement de l’Usine du Futur.

 

1. Comment l’Industrie 4.0 s’inscrit-elle dans l’activité du groupe SNCF ?

Benjamin Godreuil : Depuis fin 2014, SNCF s’est lancée dans un vaste programme de transformation digitale au service de ses clients et de sa performance industrielle. Un pan entier de ce programme stratégique concerne l’internet industriel pour lequel un travail de fond est réalisé dans l’ensemble du groupe.
On parle de rames connectées pour développer la maintenance prédictive, de big data avec les milliers de données que nous remontent chaque mois les rames modernes, d’IoT sur le réseau mais également d’usine du futur pour les usines de maintenance du matériel roulant.

2. Pouvez-vous nous présenter l’activité industrielle de SNCF ? 

Benjamin Godreuil : SNCF est un acteur industriel majeur avec son réseau d’une quarantaine de Technicentres qui réalisent la maintenance du matériel roulant et ses 22 000 collaborateurs. SNCF représente près de la moitié des effectifs de la filière industrielle ferroviaire française. Parmi ces dispositifs, on distingue une dizaine de technicentres industriels qui réalise la rénovation et la modernisation lourdes des rames (des opérations de plusieurs milliers d’heures anciennement appelées mi-vie) et de réparation de pièces de rechange (450 000 par an). C’est sur ce périmètre que nous avons lancé en 2015 notre programme Usine du Futur.

3. En quoi consiste le programme Usine du Futur ?

Il s’agit pour nous de mettre nos usines au plus haut standard de l’industrie et d’être au rendez-vous des enjeux majeurs de notre marché : ouverture à la concurrence, diminution des temps d’immobilisation des engins, diminution des coûts de maintenance… Pour cela, nous déployons un certain nombre de projets : digitalisation des instructions de maintenance (près de 2 000 tablettes ont été distribuées en début d’année pour permettre à nos opérateurs d’avoir leur documentation de maintenance de manière électronique et contextualisé), outil de planification avancée, fabrication additive, cobotique, exosquelette et bien sur l’IoT, …

infrographie transformation digitale par sncf

4. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre usage de l’IoT ?

Le premier usage de l’IoT concerne la surveillance de nos installations et outillages. Si nous restons avant tout une industrie de main-d’œuvre, nous avons des installations stratégiques dont l’indisponibilité est critique pour nos chaines de production. Un exemple : le Technicentre d’Oullins (région lyonnaise), parmi les premiers labellisés comme vitrine par l’Alliance Industrie du Futur : sur ce site, ce sont 800 installations dont 200 stratégiques qu’il faut monitorer. Depuis juin 2015, ce sont plus d’une centaine de capteurs Sigfox et Lora qui ont été installés. Nous travaillons en ce moment à unifier la supervision de ces machines autour d’un jumeau numérique de nos usines.
Le deuxième usage, c’est le tracking et la géolocalisation indoor des flux dans nos usines. Sur ce domaine, nous avons plusieurs POC en cours.

5. Des exemples concrets de l’apport de l’IoT dans vos usines ?

J’en ai plusieurs qui me viennent spontanément à l’esprit comme ce compresseur sur le réseau d’air d’Oullins qui fonctionnait en continu et ne s’éteignait plus ni le soir ni les week-ends. Quand on connait l’aspect stratégique d’un réseau d’air dans une usine, c’est une usure prématurée et une grosse casse qui ont été évitées.
L’autre exemple, c’est la diminution importante de notre facture d’électricité sur notre site de Saintes par une excellente cartographie des consommations grâce à plusieurs dizaines de capteurs qui nous ont permis d’avoir des actions ciblées et rapides sur les process les plus énergivores. Le dernier exemple, c’est ce POC que nous réalisons avec notre mainteneur FIVE sur des groupes de froid pour mettre en œuvre nos premières approches de maintenance prédictive.

Merci à Benjamin Godreuil pour cette interview.

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