Le robot d’accueil doit il se mouvoir ?

Le robot d’accueil doit il se mouvoir ?

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Le robot d’accueil doit-il pouvoir se déplacer ?

Drôle de question me direz-vous, mais totalement d’actualité au vu des différents robots qui seront commercialisés en cette année 2017.

Dans la méthodologie RX (Robot eXperience) que SEDONA met en place depuis plusieurs mois, des ateliers complets sont dédiés exclusivement à l’interaction entre la machine et l’utilisateur, qu’il soit vendeur ou client d’un espace de vente.

En effet, il est nécessaire de cadrer voire de calibrer les possibilités de communication gestuelles, orales entre le robot d’accueil et l’utilisateur du service dans un contexte B2C.

De manière synthétique, la méthodologie RX doit avant tout s’interroger sur la place que doit prendre la machine dans l’environnement qu’elle doit occuper pour sa fonction. Cet espace peut être confiné (hall d’accueil) ou plus vaste (dans un magasin entier), et est lui-même extrêmement tributaire d’une environnement plus global lié à d’autres aspects : affluence, localisation (interne, externe), catégories d’individus présents (enfants, adultes), etc.

Ces différents critères vont influencer irrémédiablement sur l’usage que l’on doit faire de la machine et de son comportement vis à vis de la population ciblée. En approfondissant les possibilités offertes par la machine et lors des Workshops RX, on s’attarde principalement sur une fonction importante voire névralgique dans la plupart des robots dans un environnement d’accueil : la motricité.

Nao, le petit robot de Aldebaran (SoftBank)
Nao, le petit robot de Aldebaran (SoftBank)

Des robots de plus en plus mobiles

La plupart des robots (accueil ou dit « de compagnon ») ont la possibilité de se mouvoir soit sur des roues, soit sur des « jambes » dans le cas d’humanoïdes bipèdes. Cette faculté est l’une des plus compliquée à gérer pour les ingénieurs roboticiens car elle monopolise à elle-seule énormément de recherche et de développement afin de garantir un déplacement fluide et continu. Bien entendu, cet effort est encore plus important lorsqu’il s’agit d’animer les jambes, véritable prouesse technologique pour rester constamment en équilibre et assurer une démarche dans un environnement contraint.

Les robots les plus aboutis possèdent effectivement cette faculté de se mouvoir en proposant là encore une démarche calquée sur l’homme avec ses possibilités et ses défauts.

Faut-il alors systématiquement privilégier une solution basée sur un robot qui peut se déplacer ? La réponse n’est pas aussi évidente et doit tenir compte des différents critères que nous avons évoqués dans le paragraphe précédent.

Un robot d’accueil est par essence à destination du public quel qu’il soit. Il doit offrir un service contextualisé aux différents « clients » qui souhaitent des informations ou être simplement aiguillés. Dans ce cadre-là, le robot est donc amené à s’intégrer dans un environnement « riche et varié », comme si finalement, il était un individu au sein d’un groupe.

Il est donc confronté aux mêmes exigences de la vie quotidienne, c’est à dire aux relations compliquées avec les autres individus qui occupent et défendent, leur « espace vital ». Pas évident alors pour un humanoïde de quelques centimètres de s’imposer dans cet environnement « concurrentiel ».

Bardées d’électroniques, ces machines sont dotées de capteurs leur permettant d’éviter un tant soit peu les obstacles et de s’enquérir des possibilités de déplacement en temps réel.

Cette technologie d’évitement a une énorme répercussion sur l’autonomie. En effet, l’usage constant des capteurs ou des télémètres laser de type Lidar provoque donc une consommation d’électricité importante jusqu’à limiter pour certain l’usage du robot au bout de deux heures. Or, dans un environnement « public », un robot « éteint » ne sert à rien !

Bien entendu, l’objectif de ces technologies est d’éviter de bousculer voire de renverser quelqu’un.

C’est évidemment sur ce dernier point que l’attention doit être portée lors des phases de la méthodologie RX : laisser un robot humanoïde se déplacer « seul » dans un environnement aussi vaste qu’un magasin, c’est prendre un risque important qu’il percute voire blesse un enfant par exemple.

TiKi de Event Bots
TiKi de Event Bots

Dans ce cas-là, qui est responsable ? : Le propriétaire du robot ? le développeur qui a développé la fonction de déplacement ? le magasin lui-même qui n’a pas assuré correctement la présence du robot dans son établissement ?

D’ailleurs,comme on peut le constater actuellement, la plupart des robots « mobiles », lorsqu’ils sont en public, sont « parqués » dans des endroits délimités par de petites barrières, ce qui avouons-le diminue considérablement leur efficacité.

Certains constructeurs l’ont compris comme la société EventBots avec le robot TIKI qui propose son robot sur un socle dont seul le buste bouge (rotation à 180°). Le robot accueille le client à sa hauteur, échange avec lui via son interface vocale et sa reconnaissance faciale et le guide via un mouvement des bras. La société ne voit pas dans un premier temps l’intérêt de doter son robot de roues ou de jambes puisque la fonction primaire de la machine est d’accueillir et non de guider.

Alors, robot se déplaçant ou non ?

Rien n’est moins simple et le choix du robot va tenir compte encore une fois du contexte d’utilisation de la machine. La méthodologie RX va pouvoir définir les actions envisagées par le robot dans le contexte particulier du client et déterminer avec les responsables Projet les risques inhérents à son utilisation dans un espace défini.

Les questions suivantes seront alors posées :

  • Votre service nécessite-il que le robot se déplace ?
  • L’environnement où va évoluer le robot, est-il exempt de tout obstacle ?
  • Quelle est la catégorie des personnes cibles du service (adultes, enfants) ?
  • Souhaitez-vous guider ou simplement accueillir vos clients ?
  • Etc…

Toutes ces questions et bien d’autres encore vont permettre dans un premier temps de s’attarder sur le réel besoin de motricité du robot d’accueil dans l’environnement choisi puis dans un deuxième temps de poser d’autres jalons RX comme les interfaces Homme-Machine (Reconnaissance faciale, Synthèse vocale) et les possibilités d’interactions visuelles et tactiles (types d’expression, utilisations des capteurs dédiés …) dont nous parlerons dans un prochain billet.

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